Je vois souvent la même scène : un membre de la direction, un manager ou un chef de site qui finit par “prendre parti” dans un conflit. Il parle comme collègue, comme ami, parfois comme adversaire… mais plus comme directeur ou manager.
Ce n’est pas un manque de compétence. C’est un glissement. La personne prend le dessus sur le rôle. L’émotion prend le dessus sur la fonction. À partir de là, le management devient instable, les décisions se déforment et l’entreprise perd son axe.
Un bon manager n’est pas celui qui protège “son camp”. Un bon manager est celui qui reste aligné sur l’intérêt de l’entreprise, même quand tout en lui aurait envie de défendre un côté contre l’autre.
Quand je suis appelé sur un site, dans une BU ou un comité de direction, les symptômes sont souvent les mêmes :
À ce stade, personne n’est neutre. Chacun porte son histoire, ses frustrations, ses loyautés. Le problème, c’est que l’entreprise, elle, n’a pas de camp. Elle a un projet, des obligations, des clients, une structure économique. Si cette structure tombe, tout le monde perd : direction, managers, collaborateurs.
À ce moment-là, le rôle de manager n’est plus assuré. Ce n’est pas une question de bonne ou mauvaise personne. C’est une question d’alignement.
👉 Vous avez un manager ou un membre de direction qui se laisse déborder par ses émotions et qui n’arrive plus à tenir son rôle ? Expliquez-moi votre contexte.
Beaucoup de managers se méfient du mot “neutralité”. Ils entendent “indifférence”, “manque d’empathie”, “distance froide”. C’est l’inverse.
Être neutre, en management, ce n’est pas ne rien ressentir. C’est ressentir… mais décider à partir d’autre chose que ses émotions. Cette “autre chose”, c’est l’axe de l’entreprise.
C’est cette neutralité-là que je travaille avec les directions, les managers et les collaborateurs : pas la neutralité molle, mais la neutralité alignée sur un axe clair.
Pour aider un manager à rester centré, je lui donne une règle simple :
“Tu ne décides jamais pour l’intérêt d’un camp. Tu décides pour l’intérêt de l’entreprise aligné à ses objectifs et à ses valeurs.”
Concrètement, ça veut dire :
Mais l’axe reste le même : pas de favoritisme de clan. Ni pour “la direction”, ni pour “les managers”, ni pour “les collaborateurs”. Juste une question : “Qu’est-ce qui permet à cette entreprise de continuer à fonctionner, à payer tout le monde et à respecter ses engagements ?”.
Quand on pose ça, beaucoup de tensions tombent. On arrête de compter les points. On recommence à travailler.
👉 Vous voulez structurer une boussole claire pour vos directeurs, managers de site ou responsables d’équipe ? Regardez notre méthode d’alignement.
Mon travail n’est pas de “prendre parti”. Mon travail est de recentrer tout le monde sur l’intérêt de l’entreprise, quitte à frustrer chaque camp par moments.
En tant que RH externalisé, je ne dois rien à un clan interne. Je dois quelque chose à une seule chose : la capacité de l’entreprise à fonctionner, à donner du travail et à rester alignée à ses valeurs.
Je commence par recadrer le rôle, noir sur blanc :
Tant que ça n’est pas écrit, on ne peut pas reprocher à un manager de “sortir de son rôle”. Le rôle n’est juste pas défini.
Je fais un travail simple mais radical :
Ensuite, je pose une question : “Quel est l’intérêt de l’entreprise dans cette situation précise ?” Et on réécrit la décision à partir de là, pas à partir de la blessure de l’un ou de l’autre.
Pour qu’un manager reste aligné dans la durée, il lui faut des rituels simples :
Mon rôle n’est pas de flatter un directeur ni de défendre des collaborateurs par principe. Mon rôle est de protéger l’alignement d’un site, d’une BU, d’une équipe :
Finalement, l’enjeu n’est pas qu’un poste gagne. L’enjeu est que l’entreprise entière fonctionne. C’est ça qui permet que tout le monde ait un travail, une progression possible, un projet commun.
Nous nous engageons à : 1. Décider pour l’entreprise. Aucun choix n’est pris pour un camp, mais pour l’axe objectif + valeurs. 2. Nommer nos émotions. Elles sont entendues, mais elles ne pilotent pas la décision finale. 3. Clarifier les faits. Chaque conflit est traité à partir de faits vérifiables, pas de rumeurs. 4. Respecter les rôles. Direction, managers, collaborateurs : chacun tient sa place sans empiéter sur celle des autres. 5. Aligner nos messages. Ce que nous disons en réunion est cohérent avec ce que nous disons aux équipes.
👉 Vous voulez adapter ce pacte à votre comité de direction, votre site ou votre équipe managériale ? Demandez le cadrage managérial.
Ma propre performance ne se mesure pas au nombre de discours que je fais. Elle se mesure à ma capacité à :
Je publie ce contenu parce que je veux confronter cette manière de travailler à votre réalité terrain. Pas pour avoir raison. Pour améliorer la méthode.
Que vous soyez dirigeant, manager intermédiaire, chef de site ou collaborateur, voici mes questions :
Je lis vos réponses. Les retours utiles deviennent de la matière de travail. Ils nourrissent ensuite mes interventions et ma façon d’accompagner vos équipes.
👉 Vous voulez travailler la posture d’un manager ou d’un comité de direction qui se laisse trop guider par l’émotion ? Expliquez-moi votre situation.